mardi 10 janvier 2012

Supprimer les sites de téléchargement illégal


J’écris ce billet en réponse à un autre billet « une société est-elle possible sans copie ? » publié par l’auteur du blog affordance.info  un blog que j’aime beaucoup visiter et où j’ai toujours trouvé  des articles très intéressants qui m’ont beaucoup aidé.

La question qu’a posée le Pr. Olivier Ertzscheid  à ces étudiants lors d’un devoir est :

"Une société est-elle possible sans "copie" ? En quoi le numérique bouleverse-t-il les enjeux liés à la copie ? Quel peut-être (ou quel devrait-être) le rôle des bibliothèques et de la bibliothéconomie par rapport à ces nouveaux enjeux ?
En vous appuyant sur le cours et sur le documentaire visionné (Steal this film II), vous développerez une réflexion argumentée en conclusion de laquelle vous tenterez d’esquisser quelles pourraient être les mesures (techniques, politiques, ou bibliothéconomiques) qui permettraient de protéger la création en maintenant possible un droit de copie le plus large possible."


Parmi les réponses proposées par les étudiants, une réponse répressive a attiré particulièrement mon attention : « Supprimer les sites de "partage illégal" (on veut dire par "partage illégal" le téléchargement illégal»

C’est justement à cette solution que je vais riposter dans ce billet. Mais d'abord je vous invite à jeter un coup d'œil sur ces articles qui expliquent les 2 projets de loi américains qui tendent à lutter contre le piratage sur Internet :



Supprimer les sites de partage illégal ou de téléchargement illégal ?

Mais de quels produits parle-t-on ? Si cette question est posée par un bibliothécaire, on comprend qu’il s’agit de livres, de revues et tout ce qu’on peut trouver dans une bibliothèque...

Et que contiennent ces livres et ces revues ? Un savoir qui participe à la formation des jeunes pour les aider à trouver un job dans leur avenir.

Dans le secteur médical auquel j’appartiens ces livres sont essentiels pour l’acquisition d’un savoir complémentaire aux cours qu’on reçoit à la faculté et qui peuvent être qualifiés du strict minimum !

Ces étudiants lisent des livres pour apprendre comment sauver des vies dans le futur. Ceux qui téléchargent des livres de médecine de manière illégale sont surtout des africains (d’après les statistiques sur mon blog http://recherche-documentaire.blogspot.com/ ).

Un jour j’étais contactée par un responsable dans une association qui aide les étudiants en médecine dans son pays que je ne citerai pas mais je préciserai que c’est un pays de l’Afrique noire. Il m’a remercié pour les liens que j’ai mis sur mon blog permettant d’accéder rapidement à des sites Web de téléchargement gratuit de livres médicaux. Il m’a expliqué que dans son pays les étudiants n’ont pas accès à Internet chez eux, ils ont à peine l’argent de quoi payer leur inscription à la faculté qui coûte près de 200 $ par année universitaire. Les bibliothécaires à la faculté téléchargent alors les livres sur Internet, font plusieurs gravures  et les mettent à la disposition des étudiants. L’accès à la bibliothèque et à ces CD-ROM est payant, mais grâce à ces téléchargements gratuits le montant payé par chaque étudiant a été réduit de manière considérable, ce qui a rendu ces CD-ROM (et par conséquent ces livres médicaux) accessibles pour la majorité des étudiants.

A-t-on le droit de priver un futur médecin d’un savoir nécessaire à sa formation pour raison qu’il n’a pas les moyens de payer le prix des livres médicaux qui je rappelle sont habituellement trop chers et leur coût peut des fois égaliser ou dépasser les frais d’inscription pour une année ?

On veut aider les pays pauvres, on leur envoie de la nourriture, on leur donne des médicaments, des médecins et des infirmières se portent volontaires pour aller guérir les enfants dans ces pays... tout çà est beau ; mais que fait-on pour le savoir qui permet de former des médecins, des infirmières, des professeurs… ? On leur vend trop cher des connaissances qui leur permettent de devenir indépendants et de satisfaire leurs besoins en matière de personnel médical et paramédical !!!

Un médecin volontaire venant de l’occident peut examiner 50 enfants par jour (à peu près). Si on aide à la formation de 200 futurs médecins, ceux-ci vont examiner à leur tour 50 malades par jour chacun et donc le nombre total de personnes examinées par jour sera multiplié par un facteur de 200.

Si on veut réellement aider les pays en développement, doit-on continuer à leur donner des poissons ou doit-on leur apprendre comment les pêcher ?

Il est vrai que certains professeurs en médecine se portent volontaires pour aller enseigner des modules entiers et des certificats dans des facultés de médecine aux pays de tiers monde. Mais il faut savoir que d’une part leur déplacement est coûteux pour ces pays (frais de transport et de séjour) et d’autre part les informations qu’ils donnent dans le cadre de ces cours restent élémentaires et insuffisantes à elles seules pour former un futur médecin dans une quelconque spécialité. Ces futurs médecins ont besoin de connaissances théoriques plus amples d’où le rôle des livres médicaux, de rester à jour en matière de nouveaux traitements, nouvelles stratégies de prise en charge... d’où le rôle des revues médicales et des congrès médicaux. Ils ont également besoin de formations d’ordre pratique d’où le rôle des stages, des ateliers,  des vidéos médicales...

Alors je vous repose la question : Doit-on supprimer le téléchargement illégal des livres, des cours, des vidéos et des images dans un secteur comme le secteur médical ? 



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